Par Vanessa Béland (Fleur Maison), maman et rédactrice

 

Le diagnostic

Après quatre mois de cycles beaucoup trop longs, et avec le sentiment que quelque chose clochait, j’ai décidé de consulter. Mon médecin de famille et mon médecin de grossesse n’ont pas tardé à poser le même diagnostic : le syndrome des ovaires polykystiques.

C’est un syndrome super commun. J’avais déjà probablement googlé ce syndrome-là avant, en me disant sûrement que j’imaginais des affaires.

Mon médecin de grossesse nous a tout de suite prescrit une panoplie de tests à passer pour s’assurer qu’il n’y avait aucun autre problème caché. Il aura fallu une année entière pour effectuer tous les tests. D’une part, parce qu’avoir un rendez-vous dans le système de santé peut être assez long et, d’autre part, parce que nous digérions encore la nouvelle à notre vitesse, convaincus que nous allions réussir à procréer.

Après tout ça, le diagnostic est resté le même, car les tests n’ont rien révélé d’autre de problématique. Et puis le plan d’action a été annoncé : j’allais devoir perdre du poids pour régler mon problème.

Et j’ai tout de suite ressenti de la honte. Avouons-le : se faire dire qu’une perte de poids est la solution pour avoir un bébé, ça ne fait pas du bien à l’estime de soi. C’est aussi sûrement à ce moment-là que j’ai décidé que nous n’allions parler de notre épreuve à personne parce que jamais je n’aurais alors pu me voir raconter quelque chose comme ça.

Bien sûr, je vais vous dire qu’il n’y a aucune honte à avoir, parce que c’est vrai! Mais je comprends vraiment le sentiment et je pense que, peu importe le diagnostic, il y a un moment où l’on ressent de la honte. C’est là, selon moi, qu’on est à notre plus bas. Et j’espère que, si vous en êtes rendu là dans votre cheminement, lire mon récit vous aidera à chasser ce sentiment.

Dans l’année pendant laquelle nous avons fait nos tests, j’ai essayé en vain de perdre du poids. Rien ne fonctionnait, et ma motivation n’y était pas. Autant je voulais un bébé, autant j’étais encore dans ma phase de déni.

J’ai aussi fait beaucoup de tests d’ovulation et de grossesse cette année-là : tous plus négatifs les uns que les autres. Des fois, c’était dur de voir seulement une ligne apparaître; d’autres fois, ça me laissait indifférente.

Vers la fin de l’année, j’ai eu un nouveau rendez-vous avec mon médecin pour analyser les résultats de nos tests et trouver une solution. Je suis arrivée à ce rendez-vous avec le même chiffre sur la balance et un médecin qui m’a rappelé sa demande de perte de poids de l’année précédente. Et puis, la lumière au bout du tunnel m’a été prescrite sous forme d’une pilule qui allait m’aider à perdre du poids.

Vers le temps des fêtes 2019, je me suis armée d’une balance rose et d’une résolution de tout faire ce qu’il fallait pour que ça fonctionne! Croyez-le ou non, c’est la première résolution à vie que j’ai suivie! Ah ah.

J’ai commencé à perdre du poids régulièrement et, en même temps, j’ai commencé aussi à faire confiance à la vie. C’est à ce moment-là aussi que j’ai décidé d’arrêter de planifier nos relations sexuelles selon mes périodes d’ovulation.

Je voulais encore un enfant à 1 000 %, mais je ne voulais plus que cette idée soit un fardeau dans ma vie. J’ai vraiment lâché prise et je me suis dit que ça allait arriver quand le moment serait le bon. Bien sûr, je suis tombée enceinte quelques semaines après. Mon chum me répétait sans cesse que les choses arrivent lorsque tu arrêtes de trop les vouloir.

 

Le mot de la fin

J’espère que vous trouverez un peu de réconfort et d’espoir dans mes mots sincères. Je sais que voir ma photo remplie de tests de grossesse en début d’article va en déprimer quelques-unes. Toutefois, si je peux partager ce que je retiens de tout ça, c’est qu’il n’y a pas un nombre limité de bébés. Oui, c’est pas mal désappointant quand quelqu’un annonce qu’elle est enceinte pendant qu’on s’efforce de le devenir, mais ça ne vous enlève pas votre chance d’avoir votre propre bébé d’amour.

 

De précieux conseils qui m’ont aidée à passer au travers :

Une bonne communication et une relation de confiance avec son médecin. Si vous ne l’aimez pas, changez de médecin. C’est une situation trop importante pour ne pas se sentir à 100 % en confiance.

Apprenez à écouter votre corps. Connaissez vos symptômes, vos pertes, vos humeurs : tout!

Accordez-vous du temps même quand vous sentez que vous en manquez.

Surtout, établissez un climat de confiance dans le couple, car une telle situation peut facilement devenir un fardeau sur l’un et l’autre. Mon chum et moi, nous avons assurément eu des moments où nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Malgré tout, rester une bonne équipe, ça nous a aidés à traverser les difficultés.

Et parlez-en, si vous vous sentez à l’aise de le faire! Nous ne souhaitons pas toujours en parler pendant que nous vivons notre drame, mais une telle expérience est tellement plus commune qu’on le pense. Moi, ça m’a vraiment encouragée de lire les histoires des autres pendant que je vivais la mienne.

Mot de la fin : profitez de la vie! Voyagez, amusez-vous, allez au resto, faites la grasse matinée! Toute cette histoire a hypothéqué mon esprit – et mon cœur – pendant deux ans, mais pas ma vie.

 


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